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Les Anticoagulants circulants de type lupique (LA)

La dénomination le "Lupus anticoagulant" (LA) désigne les anticorps capables d’interférer avec les tests de coagulation utilisant des phospholipides, il font donc partie de la famille des Antiphospholipides (APL), qui inclut également des anticorps détectés par des techniques ELISA (anticardiolipine, antibeta2 glycoprotéine, etc...).

Ils sont donc biologiquement différents des anticorps dirigés spécifiquement contre un facteur de la coagulation, par exemple Anti Facteur VIII, qui entraînent un déficit acquis responsable d’une tendance hémorragique proportionnelle à l’intensité du déficit.

Circonstances de découverte
Elles sont très variées, puisque la découverte peut être fortuite à l’occasion d’un bilan préopératoire, dans le cadre d’une infection virale ou bactérienne, au cours d’une affection néoplasique (tumeur solide ou syndrome lymphoprolifératif en particulier LLC), ou à l’occasion d’une prise de médicament susceptible d’entraîner l’apparition transitoire d’un tel anticorps (phénothiazines, antibiotiques, quinine, procaïnamide). Cette découverte peut également s’intègre au bilan d’une pathologie auto-immune, en particulier dans le cadre d’un Lupus érythémateux disséminé (LED) (voir Anticorps anti-nucléaires), au cours duquel la prévalence atteint 50%.

Ces anticoagulants sont associés avec des manifestations thromboemboliques artérielles ou veineuses, et des pertes foetales répétées. Ils doivent donc être recherchés dans les cas suivants :
- Bilan initial et dans le cadre de la surveillance régulière des pathologies auto-immunes
- Thromboses veineuses ou artérielles chez le sujet jeune, d’apparition spontanée, ou de localisation inhabituelle, et , ou récidivantes.
- Pertes foetales à répétition sans pathologie obstétricale associée
- Manifestations cliniques évocatrices des anticorps de type APL : lésions cutanées de type livedo réticulaire, valvulopathies, troubles neurologiques, thrombopénie persistante.
- Allongement du Temps de Céphaline Activée (TCA) lors d’un bilan sanguin.

Diagnostic biologique
- Le temps de Céphaline Activée (TCA) est le test de référence pour le dépistage de ces anticorps, mais ses performances sont très inégales en fonction des réactifs utilisés, des réactifs adaptés à ce type de recherche sont disponibles, mais, dans le meilleur des cas le TCA ne mettra en évidence que 70% des LA.
- Le Temps de Thromboplastine diluée (TTD) est le deuxième test utilisé dans la recherche des LA, comme le TCA, il sera exprimé sous forme de ratio par rapport à un témoin, son principal défaut est d’être sensible aux facteurs affectant le temps de Quick (diminution des facteurs II, V, VII et X, hypofibrinogènémie).
- Mise en évidence de l’anticoagulant par le test de transfert : Les tests réalisés précédemment sont réalisés à partir d’un mélange égal du plasma du patient avec un plasma témoin, la présence d’un anticoagulant se traduira par la non correction des temps des tests malgré l’ajout de plasma normal, si les temps sont corrigés, le diagnostic s’orientera alors vers un déficit d’un des facteurs explorés.

Temps de Céphaline Activée (TCA) Temps de Thromboplastine diluée (TTD) Test de transfert (TCA ou TTD)
Anticoagulant circulant (LA) allongé allongé allongé
Déficit isolé allongé allongé normal

Quand la présence d’un anticoagulant est confirmée, il faut encore s’assurer qu’il n’existe pas de déficit associé sur les facteurs de la voir endogène (VIII, IX, XI, XII), pour cela, ces facteurs seront dosés sur des dilutions élevées du plasma du patient , et si une diminution est observée sur un des facteurs, celle-ci devra être corrigée par l’ajout de plasma témoin.

Interprétation
- Calcul de l’indice de Rosner

Celui-ci est égal à : (TCA mélange patient-témoin - TCA témoin / TCA patient) * 100

Interprétation Normal Douteux Présence de LA
Indice de Rosner < 12 01/12/15 > 15
Ratio du TTD < 1,10 1,10 - 1,20 > 1,20

Un résultat douteux devra être contrôlé sur un prélèvement distant d’un quinzaine de jours, et en utilisant, si possible, des réactifs différents.

Mis à jour le 15/08/01 par Hervé DUPONT - Biologiste
D’après B. Boutière et D. Arnoux Spec. Biol. 99